C’est une montre attendue depuis longtemps : Rolex vient de dévoiler la Perpetual Padellone, un calendrier annuel instantané à phase de lune, à la fois très classique dans son esthétique et techniquement ambitieux. Cette nouveauté arrive trois ans après le lancement de la 1908, qui avait remplacé la collection Cellini et inauguré la ligne Perpetual. Cette dernière prend désormais une direction nettement plus compliquée. Nous avons pu découvrir la montre à Milan et la prendre en main.
Commençons par une anecdote : à notre connaissance, c’est la première fois qu’un modèle Rolex reprend comme nom officiel un surnom donné par les collectionneurs à son ancêtre historique. La référence 8171, explicitement citée comme source d’inspiration, était surnommée Padellone, « grande poêle » en italien, en raison de son large boîtier plat de 38 mm et de son cadran légèrement bombé. Cette référence historique, produite au tournant des années 1950, compte parmi les rares Rolex anciennes associant calendrier complet et phase de lune, comme le rappelle également Phillips.

Même sans connaître l’histoire de la Rolex 8171, le lancement d’une nouvelle Rolex en dehors du calendrier habituel de Watches & Wonders constitue un événement. Fait amusant, cette montre arrive pendant le centenaire du boîtier Rolex Oyster, célèbre pour son étanchéité, alors que la Padellone originelle n’était pas étanche. La nouvelle venue corrige évidemment ce point, entre autres.

La Perpetual Padellone évoque immédiatement la montre d’origine, sa descendante étanche réf. 6062 et certains codes de la Cellini, tout en adoptant une exécution moderne. Elle abrite surtout un tout nouveau calendrier annuel, le deuxième de ce type chez Rolex, ainsi qu’une évolution du calibre 7135 et de l’échappement Dynapulse apparus avec la Land-Dweller en 2025. Rolex détaille les principales caractéristiques de cette nouvelle architecture sur la page officielle de la Perpetual Padellone.
Caractéristiques et prix de la Rolex Perpetual Padellone
Bonne nouvelle pour les amateurs de montres anciennes : la nouvelle Perpetual Padellone reste très proche des proportions de son ancêtre. Son boîtier de 39 mm mesure 12,2 mm d’épaisseur et 45,1 mm de corne à corne, en or Everose 18 ct ou en platine 950. Elle n’est donc qu’un millimètre plus large et légèrement plus fine que la 8171 du début des années 1950, qui mesurait environ 38 × 13 mm. Comme les autres modèles de la collection Perpetual, elle est étanche à 50 mètres.


La Padellone moderne conserve aussi quatre correcteurs dans la carrure, actionnés avec le stylet fourni, pour régler le jour, la date, le mois et la phase de lune. Mais la montre des années 1950 n’était qu’un calendrier triple, ou calendrier complet, susceptible de demander une correction chaque mois. La nouvelle version exploite les progrès accomplis depuis : jour, date et mois changent instantanément à minuit, et le calendrier annuel n’exige qu’une correction par an.


Le design a lui aussi été réinterprété avec subtilité. Alors que la 8171 possédait une lunette polie, la nouvelle Padellone reprend certains codes de la 1908 avec une lunette cannelée posée au-dessus d’une carrure dont les lignes légèrement convexes se prolongent vers la pointe des cornes. Tout le boîtier, à l’exception de la lunette, est poli. La couronne, également cannelée, s’évase légèrement vers l’extérieur. L’ensemble rappelle aussi la Cellini Moonphase réf. 50535.


Le calendrier annuel affiche le jour, la date et le mois, auxquels s’ajoute une phase de lune. Le jour et le mois apparaissent dans deux guichets sous 12 heures. La date est indiquée par une aiguille bleue terminée par un croissant de lune qui encadre le chiffre correspondant. À 6 heures, la phase de lune utilise un disque en émail entièrement visible, contrairement à l’ouverture partielle de la 8171. La pleine lune et la nouvelle lune sont réalisées en météorite, cette dernière recevant un traitement PVD bleu foncé, avec des visages et des étoiles imprimés dans un style ancien. Une flèche placée au-dessus du disque indique la phase. Heures, minutes et petite seconde centrale sont affichées depuis l’axe central, avec des aiguilles assorties au métal du boîtier.
Le mécanisme est un calendrier annuel instantané : à minuit, le jour, la date et le mois avancent simultanément. La phase de lune tourne progressivement pendant le mois lunaire, soit environ 29,53 jours par cycle. Une seule correction annuelle est nécessaire lors du passage de février à mars, caractéristique qui distingue le calendrier annuel du calendrier perpétuel et qui fait ici partie du système breveté « Haplos » de Rolex.


Tout cela est animé par le nouveau calibre 7190, développé à partir des acquis du calibre 7135. L’une de ses principales caractéristiques est l’échappement Dynapulse, à impulsion directe : l’énergie est transmise au balancier selon une architecture destinée à réduire les pertes par friction et à améliorer la régularité de fonctionnement.

Les deux versions Everose, l’une sur bracelet Settimo et l’autre sur cuir d’alligator, possèdent un cadran central fortement grainé d’un blanc intense. La version en platine, disponible uniquement sur alligator, reçoit le bleu glacier caractéristique de Rolex. Le pourtour portant l’échelle de date est surélevé et descend vers le cadran central par un bord droit à 90 degrés, apparemment poli miroir. Sa texture mate est moins fortement grainée, tout comme les zones comportant les inscriptions imprimées, notamment le nom Rolex et « Superlative Chronometer ».

Autre détail notable : les chiffres arabes à 3 et 9 heures remplacent les index bâtons que l’on trouve sur certaines 8171. Les ouvertures du jour, du mois et de la phase de lune sont chanfreinées. Le bord des guichets adopte la texture des surfaces imprimées, tandis que leur intérieur est grainé comme le cadran, créant un contraste supplémentaire.

Les deux versions sur cuir disposent d’une boucle déployante. Les prix annoncés sont de 59 000 dollars pour l’or Everose sur bracelet en alligator, 66 200 dollars pour le platine sur alligator et 72 800 dollars pour l’or Everose avec bracelet Settimo.
Une brève histoire des Rolex à calendrier et de la référence 8171
2026 marque le trentième anniversaire du calendrier annuel, introduit par Patek Philippe en 1996. La Padellone n’est que le deuxième modèle Rolex à calendrier annuel après la Sky-Dweller, mais la marque possède une longue histoire de complications calendaires. Après la Datejust de 1945, Rolex proposa notamment les Dato-Compax, à commencer par la réf. 4767 en 1947.

La référence la plus pertinente ici est la 8171 à calendrier triple apparue en 1949, rapidement suivie par la réf. 6062 étanche. Elles furent respectivement abandonnées en 1952 et 1953, trois ans avant la Rolex Day-Date. La parenté esthétique des 8171 et 6062 avec la nouvelle montre est évidente et parfaitement intentionnelle. Cela faisait 73 ans que Rolex n’avait pas réuni cet ensemble de complications dans une même montre.

Il faut également mentionner la Rolex Cellini Moonphase réf. 50535, lancée en 2017. La collection Cellini a depuis disparu, mais la 50535 avait marqué le retour de la phase de lune chez Rolex, 64 ans après l’arrêt de la 6062 en 1953.

La 8171 se distinguait notamment par son grand cadran bombé, remplacé ici par une construction plus plate et plus habillée. Le calendrier triple d’époque se rencontre le plus souvent avec un cadran blanc, un petit « 12 » arabe, des index triangulaires et des marqueurs pyramidaux carrés à 3, 6 et 9 heures. Rolex a aussi montré un exemplaire doté d’index bâtons à quatre faces, d’une couronne à midi et d’un point à 6 heures. Cette esthétique rappelle les Patek Philippe réf. 2497 de troisième série et 2438-1 de la même époque, et se retrouve dans les index de la Padellone actuelle.

La nouvelle montre emprunte néanmoins à la 6062 ses chiffres 3 et 9, une particularité assez caractéristique du modèle étanche. Ces chiffres sont les mêmes que ceux de la 1908. Ils sont moins délicats que sur les modèles anciens, mais conservent une partie de leur caractère, notamment avec le « 9 » ouvert. Ajoutez la sophistication du calendrier annuel, jusque-là réservé chez Rolex à la sportive Sky-Dweller, et vous obtenez une montre qui synthétise plus de 70 ans d’histoire de la marque.

Les 8171 et 6062 ont existé avec de nombreuses variantes de cadrans, ce qui laisse théoriquement à Rolex une marge d’évolution considérable. La marque modifie toutefois rarement profondément un modèle au cours d’une même génération. On peut imaginer, sans aucune garantie, des pièces hors catalogue à cadran noir et index diamants rappelant certaines 6062 extrêmement recherchées, dont la célèbre « Bao Dai ». En revanche, une version « Stelline » à index étoilés ou une Padellone moderne en acier paraît peu probable au regard du positionnement actuel de la collection Perpetual.
Les innovations techniques de la Perpetual Padellone
Dès 2023, certains imaginaient que la 1908 pourrait évoluer vers une montre de ce type. Un indice majeur est apparu en 2025 avec un dépôt de brevet Rolex décrivant précisément un système de calendrier à saut instantané.
Le brevet EP4632499A1, déposé par Rolex SA le 9 août 2025 et publié le 15 octobre de la même année, cite Valentine Pennestri et Denis Rudaz comme inventeurs et décrit un « système de calendrier temporel à saut instantané ». Cette approche est plus élégante qu’un affichage dont la date se déplace lentement pendant plusieurs minutes ou heures, mais elle pose d’importants défis mécaniques.

Le principe consiste à accumuler de l’énergie au fil de la journée, puis à la libérer instantanément, généralement par l’intermédiaire de roues, leviers et cames de programmation, afin de faire avancer les affichages. Cette architecture réclame davantage de composants, de place et d’énergie. Rolex a travaillé sur ces trois contraintes.

Certains pensaient que ce mécanisme serait associé à l’échappement Chronergy, annoncé comme environ 15 % plus efficace qu’un échappement à ancre suisse conventionnel. Rolex est allé plus loin en faisant de cette complication la première construite autour des acquis de Dynapulse. Celui-ci transmet une impulsion directe au balancier et élimine l’architecture traditionnelle de la fourchette d’ancre. Selon les données avancées, son efficacité d’impulsion serait encore supérieure de 13 à 15 % à celle de Chronergy.
L’objectif de cette efficacité est de réduire la friction afin d’améliorer la longévité et la transmission de l’énergie. La certification « Chronomètre Superlatif » de Rolex correspond à une précision annoncée de −2/+2 secondes par jour après emboîtage. Dynapulse, inauguré sur la Land-Dweller, bénéficie en particulier du développement par Rolex de ses capacités de fabrication interne de composants en silicium.

Alors que le calibre 7140 de la 1908 associe Chronergy à un spiral Syloxi en silicium, Dynapulse pousse beaucoup plus loin l’emploi de ce matériau. Deux roues d’échappement jouent un rôle essentiel : l’une est entraînée par la quatrième roue du mouvement et entraîne à son tour l’autre. Elles doivent fonctionner simultanément comme engrenages et comme roues à denture spéciale capables de transmettre l’impulsion. Leur géométrie aurait été extrêmement difficile à réaliser selon des procédés métalliques classiques. La gravure ionique réactive profonde, ou DRIE, permet en revanche une fabrication industrielle précise. Les pièces sont également ajourées afin d’accroître l’efficacité, tandis qu’une roue intermédiaire en silicium contribue à limiter les problèmes liés au magnétisme malgré la fréquence élevée de 5 Hz.
Le mécanisme du calendrier est tout aussi complexe. En résumé, Rolex a cherché à réduire l’espace nécessaire à un calendrier annuel instantané, à supprimer les « zones dangereuses » pendant lesquelles le réglage de la date pourrait endommager certains mouvements et à limiter la consommation d’énergie.

Sur la figure 1 du brevet, le calendrier apparaît côté cadran, avec ses différents disques. L’aiguille de date (13), montée sur l’axe central A1, est reliée à une roue de 31 dents (1). La figure 2 montre plus clairement la roue centrale de date et son engrenage (11), ainsi qu’un levier (12) pouvant se déplacer d’environ 7 degrés, soit 0,5 mm, autour d’un pivot (12b). Ce levier entre en contact avec la came des mois, ce qui permet au mécanisme de déterminer leur durée.

La roue des mois (2) comporte ainsi un système de came (22) dont les niveaux correspondent à la longueur des mois. La majorité est constituée de sections basses (22a), mais quatre zones sont inclinées et relevées (22b), correspondant à septembre, avril, juin et novembre, les quatre mois de 30 jours. Cette came interagit avec la broche (12b) de la roue de date (1). Le levier (12) peut donc pivoter pour tenir compte de la durée du mois et déclencher le passage du 30 au 1er lorsque nécessaire. La pièce (6b) applique quant à elle une tension opposée pour empêcher une rotation excessive sous l’effet du saut instantané.

Ces minuscules leviers et cames doivent être très finement miniaturisés tout en résistant au couple transmis, et rester suffisamment plats pour ne pas augmenter excessivement l’épaisseur du mouvement. L’ensemble de roue motrice (3), qui ne mesure que quelques millimètres, illustre la densité des composants nécessaires à cette fonction instantanée.
La roue (34) reçoit l’impulsion du rouage, donc l’énergie du ressort moteur, et accomplit une rotation par jour. Au-dessus se trouve un accouplement unidirectionnel comprenant une came (33), reliée à un cliquet élastique (36), lui-même associé à la roue supérieure (37). Cette construction permet au rouage de glisser lorsque la montre est manipulée à rebours sans inverser le mouvement et risquer de l’endommager. Sur la roue (37), les doigts 31, 32 et 38 commandent l’avancement du calendrier.

Le principe du saut instantané apparaît aussi dans l’interaction de la roue motrice (3) avec les roues (1) et (2). En tournant, la roue motrice entraîne un doigt qui fait avancer la date et, pendant les mois courts, provoque le saut supplémentaire nécessaire par l’intermédiaire du levier comprimé (12). Le doigt latéral (38) commande le jour. Pour accomplir toutes ces opérations presque simultanément, il faut une réserve momentanée d’énergie. L’accumulateur (4), qui fonctionne essentiellement comme un ressort, met progressivement en tension un long bras et son galet (43) contre la came (33) au cours de la journée. À minuit, le galet quitte la came et libère brusquement l’énergie accumulée afin de faire progresser les affichages.

Sans comparer dans le détail tous les calendriers annuels existants, il est difficile d’évaluer exactement le degré de nouveauté de chaque solution. Rolex indique néanmoins avoir déposé 30 demandes de brevet autour de la Perpetual Padellone. Le résultat prend place dans une montre relativement compacte, certifiée chronomètre et conçue pour associer efficacité énergétique et robustesse. Reste à savoir si Dynapulse deviendra la plateforme privilégiée pour les futures complications Rolex ou si elle continuera de coexister avec Chronergy.
Prise en main
Après environ une heure passée à Milan avec les trois nouvelles versions de la Perpetual Padellone, plusieurs éléments ressortent que les images officielles ne transmettent pas forcément.

Comme ses proportions et son langage esthétique le laissent présager, la Padellone procure une sensation très proche de celle de la 1908. Cette évolution beaucoup plus compliquée est plus épaisse, mais légèrement plus courte — de 0,4 mm — que la 1908. Forme du boîtier, lunette, fond transparent et esthétique générale du cadran l’inscrivent clairement dans la famille Perpetual. En Everose, elle semble particulièrement naturelle sur le bracelet Settimo, également associé à la 1908 moderne.
La complication supplémentaire remplit judicieusement l’espace du cadran, tandis que la phase de lune occupe approximativement l’emplacement de la petite seconde de la 1908. Avec l’aiguille de date et les deux guichets du jour et du mois sous 12 heures, l’ensemble paraît équilibré et plus distinctif que celui de sa sœur.

Les calendriers triples sont courants dans l’horlogerie classique, mais la Padellone ajoute du caractère avec les chiffres arabes 3 et 9, le chemin de fer périphérique de la date et surtout la texture du cadran. Sur les cadrans blanc et bleu glacier, la zone centrale possède un grain prononcé. Cette finition demeure discrète de face, mais gagne nettement en personnalité selon l’éclairage.

Les deux cadrans sont lumineux mais entièrement mats, ce qui évite de détourner l’attention de la phase de lune à 6 heures. Sur une base en émail, les deux lunes toujours visibles sont réalisées en météorite et présentent des visages inspirés de la 8171, dont la lune apparaissait à travers une ouverture plus conventionnelle.


Au poignet, avec ses dimensions de 39 × 12,2 × 45,1 mm, la Padellone se porte elle aussi beaucoup comme une 1908. C’est une montre habillée moderne plutôt généreuse, mais pas véritablement grande. Le cadran domine visuellement grâce à la lunette relativement fine et au boîtier enveloppant. Elle ne donne ni l’impression compacte d’une Datejust de 36 mm ni, à notre sens, celle d’une Oyster Perpetual de 39 mm.


Comme avec le bracelet Settimo de la 1908, cette configuration semble particulièrement adaptée à la montre. Fin, souple et fluide sur le poignet, le bracelet Everose accompagne naturellement l’esthétique milieu du XXe siècle de la Padellone.
Malgré une épaisseur qui n’est pas négligeable, la montre ne pose pas de problème majeur sous une manche. Sur bracelet métallique, le boîtier repose à plat et naturellement sur le poignet. Les bracelets en alligator essayés étaient neufs et devraient s’assouplir avec le temps ; ils maintenaient moins bien le boîtier pendant cet essai, tout en rendant naturellement la montre plus légère.


Les quatre correcteurs de calendrier méritent également d’être essayés. Deux sont placés de chaque côté du boîtier et, en tournant dans le sens horaire à partir de celui situé en haut à gauche, ils commandent respectivement le jour, le mois, la phase de lune et la date. Le stylet fourni permet une manipulation simple et précise. Rolex indique qu’ils peuvent être utilisés à n’importe quel moment du jour ou du mois sans risque pour le mouvement, ce qui constitue un avantage pratique important sur un calendrier annuel.

Dans l’ensemble, la Padellone est une interprétation réussie du calendrier Rolex moderne, qui enrichit la formule de la 1908. La finition grainée du cadran nous paraît particulièrement convaincante, les trois versions se portent conformément à ce que leurs dimensions suggèrent, et le bracelet Settimo reste remarquable. Une version en acier aurait néanmoins créé un lien encore plus évident avec la 8171 historique, elle-même proposée dans ce métal.


Face à la concurrence
Rolex propose donc un nouveau calendrier annuel habillé, doté d’un mouvement très technique, à partir de 59 000 dollars en or Everose et jusqu’à 72 800 dollars. La somme est considérable, mais elle mérite d’être replacée dans le contexte des autres calendriers annuels de haute horlogerie.

Commençons par Patek Philippe, maison à l’origine du calendrier annuel moderne en 1996, avec la 5396R. Cette montre de 38,5 mm en or rose était affichée à 67 517 dollars au moment considéré. Elle n’offre pas de bracelet métallique et son étanchéité est limitée à 30 mètres contre 50 mètres pour la Padellone, mais elle bénéficie naturellement du prestige horloger de Patek Philippe.

Vient ensuite l’A. Lange & Söhne Saxonia Annual Calendar, encore plus habillée. Avec un boîtier de 36 mm en or rose ou blanc et un tarif d’environ 75 000 dollars, elle est plus fine et bénéficie d’un travail manuel plus poussé, mais n’est pas disponible sur bracelet métallique.

Blancpain possède également une solide expérience des calendriers. La Villeret Quantième Annuel GMT de 40 mm en or rouge ajoute un second fuseau horaire à son calendrier annuel. Sans option de bracelet métallique, elle était affichée à 57 400 dollars.

Pour une véritable concurrente sur bracelet intégré au même métal, la Parmigiani Tonda PF Gregorian Annual Calendar adopte une esthétique plus contemporaine, un boîtier en or rose de 42 mm, un mouvement automatique à calendrier annuel et une étanchéité de 100 mètres. Son prix atteint 80 000 CHF, soit environ 97 000 dollars au moment de la publication.

Il faut enfin citer des maisons indépendantes comme Laurent Ferrier et sa Classic Moon. En or rose et d’un diamètre de 40 mm, elle est esthétiquement plus proche de la Padellone mais monte sensiblement en gamme tarifaire, autour de 80 000 CHF, soit approximativement 97 000 dollars. Elle est aussi plus épaisse que la Rolex et ne reçoit pas l’échappement naturel emblématique de Laurent Ferrier.
Toutes ces montres proposent des interprétations séduisantes du calendrier annuel, généralement autour du prix de la nouvelle Padellone ou au-dessus. Il faut rappeler que Patek Philippe, A. Lange & Söhne, Blancpain et Laurent Ferrier évoluent sur un segment où l’on attend traditionnellement un degré supérieur de finition manuelle. Pour autant, Rolex n’a pas fait l’économie d’une construction élaborée, de performances chronométriques revendiquées ou de solutions destinées à simplifier l’utilisation du nouveau mouvement.

Un prix proche de 60 000 dollars peut surprendre pour une Rolex, même en métal précieux. À titre de comparaison interne, une Sky-Dweller entièrement en or Everose était proposée à 64 900 dollars, avec son propre calendrier annuel et l’affichage d’un second fuseau horaire. Dans ce contexte, le tarif de la Padellone correspond à la fois à sa place au sommet de la gamme habillée Rolex et au niveau de prix pratiqué dans cette catégorie de complications.
Conclusion
La Perpetual Padellone possède un attrait particulier pour qui apprécie les montres anciennes mais souhaite la fiabilité, la facilité d’utilisation et les performances d’une pièce moderne. Elle reprend avec conviction une formule classique — deux guichets supérieurs, date par aiguille et phase de lune — sans simplement reproduire une montre vieille de plus de 70 ans.
À plus de 50 000 dollars, et plus de 70 000 dollars dans sa configuration Everose sur bracelet Settimo, elle reste évidemment inaccessible à de nombreux passionnés. Elle demeure toutefois bien moins difficile financièrement à atteindre qu’une belle 8171 ou 6062 historique, sans parler de certains calendriers Patek Philippe anciens. Sa disponibilité risque également d’être limitée si le déploiement de la 1908 sert de référence. Pour les acheteurs en mesure d’y accéder, la Padellone réunit néanmoins une esthétique historique particulièrement forte et une quantité inhabituelle d’innovations mécaniques dans une Rolex habillée.